Ooooh… aah… Putain y’a plus rien… J’suis déjà au fond… J’suis né dans la merde, cœur déjà crevé Rails dans le nez, douilles qui m’ont brûlé Chaque nuit c’est l’enfer, chaque jour plus lourd J’ai fumé mon enfance dans l’alu qui court J’veux plus rien, j’veux que tout s’arrête (aah… aah…) HLM pourri, les murs suintaient la haine Parents en bas, moi j’leur mentais la gueule ouverte Appris à sourire en leur crachant dessus Rails sur le meuble pendant qu’ils dormaient comme des cons Doigts qui tremblent, j’roule l’alu dans le noir L’héro qui fond, la fumée qui m’arrache le fond Personne savait que j’me vidais chaque putain de soir Que mon enfance partait en fumée sans retour Grandis trop vite, le cœur déjà en charpie Les rires d’gamin, j’les ai jamais vraiment connus Juste ce goût de merde qui reste collé en bouche Et cette envie de tout faire taire pour de bon J’suis né dans la merde, cœur déjà crevé Rails dans le nez, douilles qui m’ont brûlé Chaque nuit c’est l’enfer, chaque jour plus lourd J’ai fumé mon enfance dans l’alu qui court J’veux plus rien, j’veux que tout s’arrête (ooooh… qui craque) Les rues m’ont formé plus vite que l’école Frères qui s’écroulent pour un dernier rail Coke qui râpe, sang qui perle au coin du nez Douilles qui crépitent, odeur collée aux habits Parents étaient là, j’leur mentais chaque jour Le vide m’appelait plus fort que leur amour J’ai vendu le peu d’innocence qu’il me restait Pour un bout d’alu et une poudre qui mentait Chaque bouffée emportait un morceau de moi Chaque réveil, même haine dans le miroir Devenu ce que j’avais toujours voulu fuir Regard creux, voix cassée, corps déjà usé Et j’enrage encore, putain j’enrage Cette descente aux enfers qui ne s’arrête jamais Aaaah… leur voix qui m’appelle encore… Ooooh… le silence me rend fou… J’veux plus sentir… Souvenirs collés à la peau comme de la suie Nuits à chialer sans même savoir pourquoi Soleil du matin qui me brûlait les yeux Parce que la veille était trop vraie, trop dure Nuits en manque, le corps qui se tord tout seul Idées noires qui tournent quand y’a plus de dose Le lit devient un trou, le plafond s’approche Je me suis enfermé dans un monde obscur Où plus personne pouvait m’en sortir Complètement perdu, les larmes qui tombent Envie d’en finir pour que tout s’arrête enfin Une douleur vive qui me déchire de l’intérieur Trop petit pour crier, trop grand pour tout dire Le mal m’a pris la main dès le premier jour Et j’ai menti pour les protéger… ou pour moi Cette putain de descente, j’veux plus la vivre J’veux que le bruit s’arrête, que le vide gagne Que plus rien ne me tire vers le haut Juste le silence… pour toujours J’suis né dans la merde, cœur déjà crevé Rails dans le nez, douilles qui m’ont brûlé Chaque nuit c’est l’enfer, chaque jour plus lourd J’ai fumé mon enfance dans l’alu qui court J’veux plus rien, j’veux que tout s’arrête (aah… rageur) Maintenant j’traîne mon ombre dans les mêmes rues Corps fatigué, tête trop lourde pour avancer Je regarde les gosses qui jouent dehors Et j’sais qu’un jour peut-être ils plongeront comme moi Dans le même trou, la même merde collante Où les rêves s’éteignent et le rire devient râle J’ai voulu m’en sortir, les chaînes sont trop lourdes Chaque essai, un coup de plus dans le ventre Dans le dos de l’enfant que j’aurais pu être Je suis juste le produit de tout c’que j’ai caché Le reflet brisé d’un monde jamais doux Et j’continue de sombrer… encore… encore… Avec cette putain de rage qui ne part jamais Cette envie de tout faire taire une bonne fois Pour que la douleur s’arrête… pour de vrai Ooooh… aah… Plus d’enfance… Juste une douleur vive… Et une rage qui brûle… J’veux plus rien… J’ai jamais vraiment vécu… Juste survécu dans la fumée… En leur mentant chaque jour… En priant pour que le manque s’arrête… Pour que tout s’arrête… Putain… j’veux juste que ça s’arrête…


