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J't'ai vu venir

V6

J't'ai vu venir... sans bruit... Mais les fantômes laissent toujours une ombre. (shhh...) J'connais déjà la fin. J't'ai vu venir, j't'ai vu venir de loin (de loin...) Tu dis « frère », mais dans tes yeux j'ai capté l'dessin (j'ai vu...) Tu rôdes autour d'elle, tu prétends qu'y a rien (rien...) Mais j'ai vécu ces trahisons, j'connais déjà l'chemin. Ma confiance n'est pas à vendre, même pour de l'or (jamais...) J'ai vu des frères changer d'visage quand fallait être fort (froid...) Prends la place, moi j'm'efface, j'ai plus l'cœur à vos décors (j'me tire...) J'préfère partir seul debout que rester avec des morts. J't'ai vu glisser dans l'angle mort, démarche calme, regard tranquille, Tu joues l'frérot, sourire poli, mais derrière ça prépare la vrille. Tu t'approches d'elle naturellement, comme si tout était normal, Mais j'lis les intentions cachées derrière les gestes banals. J'ai déjà connu les mêmes combines, les mêmes discours, les promesses, Les mêmes « t'inquiète frère », suivis des mêmes coups dans la caisse. Même scénario, même décor, même cinéma, même comédie, J'ai reconnu ton personnage avant la première réplique. Tu pensais qu'j'allais fermer les yeux, faire semblant d'être aveugle, Mais j'ai grandi là où les sourires peuvent cacher des dettes. Tu voulais gagner ma confiance avec tes paroles calibrées, Mais une confiance brisée, frère, ça n'se recolle pas. « J'te vois... j'te vois... » « Depuis l'début... » J'ai pas besoin d'preuve, ton attitude parle pour toi (pour toi...) Pas besoin d'enquête, ton comportement répond déjà. Tu pensais jouer discret, mais j'ai l'habitude des masques, Quand l'serpent rampe en silence, j'entends déjà ses traces. « Trop tard... » Tu fais l'saint, mains propres, regard posé, voix douce, Mais j'entends l'orage derrière chaque phrase que tu pousses. Tu dis « y a rien », mais pourquoi toujours traîner dans son secteur ? Pourquoi t'as besoin d'être présent quand t'es censé être mon frère ? J'viens du Barrio, j'ai vu les amitiés finir pour trois regards, Les « frérot pour la vie » devenir « frère » dans les bars. J'ai vu les masques tomber quand l'intérêt change de camp, J'ai compris qu'les plus gros coups viennent des plus proches gens. Tu voulais mon crédit, ma parole, mon respect, mon accès, Mais j'vais pas sacrifier ma paix pour nourrir tes projets. J'ai trop payé les erreurs des autres avec mes cicatrices, Maintenant j'écoute moins les discours, beaucoup plus les indices. Pas d'grande scène, pas d'cris, pas besoin d'trembler les murs, J'me retire proprement, certaines distances sont des armures. Tu voulais m'la mettre à l'envers, j'ai tourné les talons, Parfois la meilleure réponse, c'est quitter la conversation. « Disparu... » « Plus confiance... » « J't'avais capté... » J'ferme la porte doucement... Pas d'retour... pas d'explication... « La confiance... ça s'rachète pas... » Maintenant j'avance seul, cœur froid, vision nette, J'ai laissé derrière moi les faux frères et leurs enquêtes. La loyauté s'prouve pas dans les discours, Elle apparaît quand y a plus personne autour. Tu voulais prendre ma place ? Prends-la, j'te la laisse volontiers, J'ai plus envie d'jouer dans vos histoires mal scénarisées. Garde tes « frère », tes « t'inquiète », tes promesses maquillées, J'ai appris qu'un silence vaut mieux qu'une vérité trafiquée. J'me retire, pas vaincu, juste lucide sur le décor, J'préfère ma solitude aux poignées d'main qui cachent encore. Et si demain tu demandes pourquoi j'ai fermé la porte, Dis-toi qu'j'avais compris avant même que tu sortes. « J't'ai vu venir... » « Depuis l'début... » « Barrio... » « Trop tard... » J't'ai pas perdu... J't'ai juste compris. (shhh...) Maintenant j'avance sans toi.