
Orbit 808
Dans le silence noir Le moteur murmure encore Vieille tôle, vieux départ Mais les étoiles ouvrent le décor Je roule hors du réel, j’ai quitté la poussière Archives dans le coffre, souvenirs en lumière Le bitume s’efface, avalé par le vide Mon van devient capsule, dérive lucide Les néons de la Terre sont morts dans le rétro J’entends battre le temps dans un vieux magnétoscope Chaque bande que je garde respire encore un peu Des vies, des fragments… des fantômes silencieux Plus de route, plus de loi Juste le froid contre moi Et la nuit qui m’avale lentement L’Archiviste s’envole Dans un van hors du sol Entre les mondes, entre les ondes Je dérive et je frôle Les étoiles me parlent Mais leur langue est froide Je transporte des vies Que personne ne regarde Le moteur crache bas, comme un blues mécanique Slide guitar qui pleure dans le vide cosmique J’ai laissé derrière moi des visages flous Des promesses cassées, des “je reviens” sans vous Le tableau de bord brille comme une vieille prière Chaque bouton un souvenir, chaque faille une guerre Je compile le chaos dans des dossiers perdus Archiviste du néant, témoin des disparus Plus de route, plus de frein Juste l’infini dans mes mains Et le vide qui devient présent L’Archiviste s’envole Dans un van hors du sol Entre les mondes, entre les ondes Je dérive et je frôle Les étoiles me parlent Mais leur langue est froide Je transporte des vies Que personne ne regarde Si je coupe le moteur… Est-ce que tout s’efface ? Ou est-ce que je reste Une trace dans l’espace… Le van glisse encore Sans destination Juste moi et les morts Gravés dans le son…

