Song Cover Image

Te revoilà

+ Show full styles
V6

J’prends de la vitesse dans la tête... J’prends la sensation pour me rappeler... Frère... T’es encore vivant. Frayeur dans le sang, le speed qui m’envahit, J’ai couru dans ma tête jusqu’à perdre le fil de ma vie, Alors j’suis revenu là où tout avait commencé, Là où y’a dix piges, j’venais m’poser pour respirer. Seul au bord de ce putain d’lac, Celui qui connaît mes silences, celui qui connaît mes claques, Il a essuyé mes peines sans jamais poser de question, L’eau gardait mes secrets quand j’perdais la raison. J’regarde au loin, j’rembobine les années, Les blessures, les départs, les promesses abandonnées, Et j’me dis : "Ouais frère, t’es toujours là", Peut-être blessé, mais plus fort qu’autrefois. J’ai connu les nuits où mon cœur voulait s’éteindre, Les matins sans couleur, les souvenirs qui viennent peindre Des cicatrices sur les murs de ma mémoire, Mais regarde-moi maintenant... J’ai retrouvé un peu d’espoir. Te revoilà... Après toutes ces années, Te revoilà... Même si ton cœur s’est brisé. T’as changé de couleur, Mais t’as gardé ton grand cœur, L’eau connaît tes douleurs, Et ce soir elle les emporte ailleurs. Ouais frère, j’suis encore là, J’ai pris des coups mais j’ai pas baissé les bras, La bête ferme sa gueule devant cette eau si calme, Pour une fois dans ma tête... Y’a plus d’alarme. La bête ferme sa gueule devant le calme de cette eau, Plus de guerre dans mon crâne, plus besoin d’jouer les héros, Le silence me parle mieux que tous leurs grands discours, J’me sens hors réalité, suspendu hors du jour. J’écris ce texte posé, réfléchi, Avec le son des cygnes qui naviguent dans la nuit, Leurs silhouettes glissent doucement sur l’eau, Comme s’ils savaient déjà tout c’que je porte sur le dos. Te revoilà enfin... J’me retourne... Mais y’a personne. Tu nous avais manqué... Comme si le lac répondait, Comme si toutes ces années n’avaient jamais compté. T’es toujours l’homme au grand cœur... Celui qui venait vous nourrir, Quand j’étais gamin, j’venais juste pour vous voir venir, J’avais rien dans les poches mais j’donnais c’que j’avais, J’étais déjà écorché, mais j’savais encore aimer. Toujours le même écorché... Mais j’ai repris d’la couleur, J’ai laissé quelques démons dormir au fond de mon cœur, J’ai compris qu’on peut tomber sans forcément disparaître, Et qu’un homme peut renaître sans devenir quelqu’un d’autre. J’ai laissé mes peurs au bord de l’eau... Et tes larmes sont devenues des reflets... J’ai laissé parler le silence... Parce qu’il savait déjà quoi te dire... J’pensais devoir partir loin pour me retrouver... Mais tu devais simplement revenir. Revenir ici... Là où t’étais vrai. Te revoilà... Après toutes ces années... Te revoilà... Et j’me reconnais. T’as changé de couleur, Mais t’as gardé ton grand cœur... J’ai repris d’la hauteur, Même avec mes cicatrices et mes erreurs. Te revoilà... Te revoilà enfin... Le monde peut attendre demain, Ce soir t’es juste vivant. Le lac bouge à peine... Les cygnes continuent leur route... Et moi j’reste là. J’écoute l’eau. J’écoute le silence. Et pour la première fois depuis longtemps... J’ai pas besoin de fuir. Frère... T’es encore vivant.