
yeah... j’ai passé trop longtemps dans l'noir. maintenant j’vois. et putain... j’aurais presque préféré rester aveugle. frère, j’ai jamais vu aussi clair d'ma vie, j’regarde mon passé, j’comprends pourquoi j’ai survécu. j’avais du brouillard jusque dans les synapses, des pensées carnassières qui m’bouffaient à chaque phase. j’ai dormi dans des nuits sans jamais voir l’aurore, avec des voix dans l'crâne qui m'criaient d’être plus fort. j’ai serré mes poings jusqu’à m’entailler les paumes, j’avais transformé mon cœur en pièce froide sans personne. j’étais vivant sans vraiment l’être, un fantôme avec un corps, une carcasse avec des dettes. j’me reconnaissais plus dans le reflet d'la glace, j’avais tellement tout détruit que même la haine avait plus d’place. puis quelque chose a bougé dans les profondeurs, une fissure dans l'béton, une anomalie dans l’horreur. j’ai senti mon thorax se soulever sous ma main, comme si mon propre corps disait : « t’es pas fini. » ça frappe... ça frappe... putain, pourquoi ça frappe ? j’ai posé ma main sur mon cœur, j’ai senti quelque chose répondre. j’vois clair dans ma nuit ! putain, j’vois tout maintenant ! j’ai passé ma vie dans l'brouillard, j’croyais qu’j’étais mort à l’intérieur depuis longtemps ! j’vois clair dans ma nuit ! y’a quelque chose qui s’réveille ! j’ai connu l’enfer dans ma tête, maintenant même mes démons ferment leur gueule ! oh-oh-oh ! ça cogne sous ma peau ! eh-eh-eh ! ça brûle dans mon thorax ! j’sais pas c’qui m’arrive, j’sais pas c’qui vient d'naître, mais depuis que ça respire en moi... j’ai plus envie de disparaître. quand j'ferme les yeux, les cauchemars changent de forme, j’vois plus les murs qui m’écrasent, j’vois des paysages énormes. des couleurs dans l'noir, des éclats presque irréels, ça m’fait presque plus peur que mes nuits les plus cruelles. j’ai la boule dans l'ventre, les organes en collision, mon sang tape dans mes veines comme une putain d’explosion. j’ai peur d'ressentir, peur d'redevenir fragile, j’avais appris à tout tuer pour que rien n'soit hostile. les mauvaises voix paniquent, elles perdent leur règne, elles hurlent dans ma tête mais leurs hurlements s’éteignent. une autre fréquence monte, écrase leur vacarme, j’me surprends à respirer sans chercher une arme. j’laisse tomber la colère, j’laisse tomber les défenses, j’ai plus besoin d’faire la guerre à chaque présence. j’comprends pas cette sensation, elle m'retourne le bide, c’est magnifique, terrifiant, vivant, limpide. qu’est-ce qu’il m’arrive ? où tu m’conduis ? pourquoi mon cœur tremble alors qu’avant j’étais détruit ? un pied dans l’enfer, l’autre au bord du paradis. j’ai passé ma vie à fuir la lumière... maintenant c’est elle qui m'poursuit. oh-oh-oh... j’le sens... ah-ah-ah... ça remonte... ça frappe ! ça frappe ! ça frappe encore ! le tunnel s’ouvre, au fond y’a quelque chose qui brille, mais j’ai tellement connu l'noir que j’me méfie du soleil. j’avance quand même, même si mes jambes veulent lâcher, j’ai découvert une partie d'moi que j’avais jamais touchée. j’ai pas trouvé la paix, j’ai trouvé quelque chose de pire : une putain d’envie d’exister, une raison d'ressentir. ça me fout la trouille parce que maintenant j'comprends qu’on peut survivre à l’enfer et vouloir vivre après. j’ai toujours mes cicatrices, elle n’ont pas disparu, j’ai toujours mes vieux démons, ils savent où j’ai vécu. mais quelque chose en moi vient d'changer d'fréquence, une beauté presque sauvage vient d'briser le silence. j’cherche pas à comprendre, j’laisse le feu prendre sa place, j’ai passé trop d’années à vouloir effacer mes traces. j’ai cru que ressentir, c’était donner une faiblesse, maintenant j’comprends qu’le vide était ma vraie détresse. j’suis pas guéri, j’suis pas sauvé, j’suis pas devenu meilleur, j’ai juste senti quelque chose rallumer l’intérieur. si demain l'noir revient frapper à ma porte, j’aurai connu cette lumière, personne me l’emporte. qu’est-ce qu’il m’arrive ? j’en sais rien. où tu m’conduis ? j’en sais rien. mais pour la première fois... j’ai envie d’aller jusqu’au bout. ah-ah-ah-ah ! oh-oh-oh-oh ! ça frappe dans l'thorax ! ça frappe dans les veines ! ça frappe dans l'crâne ! j’SUIS ENCORE LÀ ! j’vois clair dans ma nuit ! maintenant j’peux plu fermer les yeux ! j’ai traversé mes propres ruines, et quelque chose vient d'rendre tout ça précieux ! j’vois clair dans ma nuit ! y’a quelque chose qui s’réveille ! j’ai connu l’enfer dans ma tête, et maintenant j’découvre une beauté inconnue ! oh-oh-oh ! ça cogne sous ma peau ! eh-eh-eh ! ça brûle dans mon thorax ! j’sais pas c’qui m’arrive, j’sais pas c’qui vient d'naître... mais depuis qu'ça respire en moi... j’ai plu envie de disparaître. j’vois clair... dans ma nuit. et pour la première fois... le noir n’est plus tout c'que je vois.

