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Le Démon Dort

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V6

ouuuuuh... ouuuuh... haaaaan... dans le froid... dans le noir... tu t'en souviens, bâtard ? j'ai pas oublié... ah bon bâtard, t'as voulu t'en prendre à mon reuf, t'étais son pote, soirée avec lui, même verre, même bluff, vous avez bu comme des oufs, puis l'embrouille a pris feu, tu l'as balancé par-dessus l'mur, sans penser à demain, sans eux. eau glacée, hauteur de dingue, fleuve gelé sous l'hiver, mon reuf qui coule dans le noir, qui cherche encore son air, repêché par un ami, le corps presque inerte, et toi t'as menti quand j'suis arrivé, ta vérité couverte. « il était trop bourré, il est tombé tout seul », ta gueule de chien débitait ton scénario sans peur, moi j'savais pas encore tout c'que t'avais caché, j'allais découvrir le fin mot de l'histoire un an après. j'ai repensé à mon frère, à cette nuit glaciale, à ton mensonge propre, à ta version bancale, la rage m'a pris d'un coup, la haine m'a traversé, j'me suis juré qu'un jour tu paierais pour c'que t'avais fait. un an après, la vérité m'a frappé ! un an après, la haine s'est réveillée ! j'avais le feu dans les veines, le cœur enfermé, j'ai vu le démon qui dormait en moi s'éveiller ! tu croyais qu'j'avais oublié ? j'avais tout enregistré ! le froid, le fleuve, mon frère, tes mensonges déguisés ! tu croyais que l'histoire était terminée ? non... j'avais juste pas encore décidé d'parler. ouuuuuh... haaaaan... pas oublié... jamais... une nuit d'été, j'te croise, arrêt brutal en gova, tu comprends rien, tu vois la terreur changer de camp, j'ai l'année entière dans la tête, toi t'as quelques secondes, le silence devient lourd, ton visage quitte le monde. direction les bois, loin des lumières de la ville, chaque virage réveille mes souvenirs fragiles, perdus au milieu de nulle part, la lune éclaire à peine, tu comprends enfin pourquoi j't'ai amené dans cette scène. j'te descends du coffre, j'te fais face dans le noir, j'ai la rage dans les veines, la haine dans le regard, tu pleures, tu t'excuses, tu promets d'avoir changé, mais moi j'entends encore l'eau froide quand j'pense à tout ça. j'te ligote au vieux chêne, j'te regarde droit dans les yeux : « enfant d'pute, ce soir c'est entre nous deux. » le bidon dans ma main, tu comprends que c'est réel, tu supplies, tu trembles, ta voix devient frêle. ouuuuuh... tu pleures... tu supplies... haaaaan... mais moi j'entends encore... l'eau... l'eau... l'eau... la flamme danse au bout du briquet, le temps s'arrête, j'ai ton regard dans les yeux, la haine veut prendre ma tête, j'entends tes cris, tes excuses, ta voix complètement cassée, et j'vois l'image de mon frère qui aurait pu y rester. le démon me dit : « vas-y », ma conscience dit : « arrête », deux voix dans mon crâne se livrent une guerre secrète, la rage me dit « crame-le », j'ai le feu dans les mains, mais une autre voix me dit : « frère, ça changera rien. » j'regarde mes mains, j'regarde la peur dans tes yeux, tuer ta vie ferait-il revivre mon frère mieux ? j'éteins la flamme, le silence retombe dans les bois, j'te détache, tu t'écroules, t'arrives plus à tenir droit. complètement traumatisé, tu comprends c'que t'as frôlé, moi j'viens d'voir le monstre en moi puis j'viens d'le repousser, j'repars dans la gova, les phares traversent la forêt, j'te regarde dans l'rétro, immobile, à prier. un an après, la vérité m'a frappé ! un an après, la haine s'est réveillée ! j'avais le feu dans les veines, le cœur enfermé, j'ai vu le démon qui dormait en moi s'éveiller ! tu croyais qu'j'avais oublié ? j'avais tout enregistré ! le froid, le fleuve, mon frère, tes mensonges déguisés ! j'avais la mort dans les yeux, la rage à faire trembler, mais j'ai laissé le démon dormir... sans le laisser gagner ! ouuuuuh... aujourd'hui tu m'recroises... tu sais c'que t'as réveillé... le démon qui dormait en moi... il dort encore... et vaut mieux pas l'réveiller... ouuuuuh... haaaaan... j'ai pas oublié.