
Tous les soirs, il s'endort sur le mont solitaire Et la lune, la nuit le visite en mystère Elle adore en secret ce berger, ce pasteur! il est timide et fier, il est discret comme elle un grand charme, un doux choix, un amour éternel Ont désigné son front rêveur ! Oui, c'est lui qu'elle cherchait sur la vaste bruyère Quand sortant du nuage où tremblait sa lumière Elle jeta sur la terre un regard calme et pur Quand aimante, elle abandonna son dernier voile Tandi qu'à ses côtés, une pensive étoile Scintillait dans l'éther obscur ! Oui ma belle, le vallon, les bois, la colline Dorme t'enveloppés dans ta paleur divine ! A peine au pied des monts, flotte un léger brouillard Si l'air a des soupirs, ils sont imperceptibles Le lac dans le lointain berce ses eaux paisibles Qui s'argente sous ton regard ! Non, ton amour n'a pas cette ardeur qui consume Si quelquefois, le soir, quand ton flambeau s'allume Ton amant te contemple avant de s'endormir Nul éclat ne l'aveugle, aucun feu ne l'embrase Rien ne trouble sa paix ni son heureuse extase Tu l'éclaires d'un doux feu, sans jamais l'éblouir ! Tu n'as pour l'embrasser que ton rayon timide Qui, vers lui doucement, glisse dans l'air humide Et sur ses lèvres roses expire sans témoin ! Jamais ce beau pasteur, objet de ta tendresse Ne te rendra, ma belle, ta furtive caresse Qu'il reçut en silence mais qu'il ne senti pas ! il va dormir ainsi sous la voûte étoilée Jusqu'à l'heure où la nuit, frissonnante et voilée Disparaîtra des cieux, t'entraînant sur ses pas ! Peut-être en s'éveillant, te verra-t-il encore Qui t'effaçant devant les rougeurs de l'aurore Dans ta fuite, amoureuse, encore lui sourira !

