
(hrrrmmm...) j'entends les murs respirer... le silence a des dents... (la fin est proche...) et cette putain de mélodie me chuchote encore à l'oreille... proche... proche... j'ai connu la guerre avant même de connaître la trêve, des éclats dans la tête, des cauchemars quand je rêve, j'ai gravé nos promesses dans du marbre funéraire, maintenant chaque souvenir vient me rouvrir les artères. j'ai l'amour en hémorragie, la mémoire en incendie, des fantômes dans la nuit qui me récitent nos non-dits, j'ai voulu tuer le manque, mais le manque m'a survécu, j'ai voulu fermer les plaies, mais les plaies m'ont reconnu. j'ai vu nos paradis devenir des champs de ruines, des « pour toujours » périr sous des pluies assassines, maintenant je marche seul dans les décombres de nos rêves, le cœur sous anesthésie, mais la douleur reste en grève. elle reste... elle reste... il n'y a pas de paix sans guerre ! (sans guerre !) pas de douleur sans amour ! (sans amour !) j'ai pris des coups sous les éclairs, j'en porte encore les traces chaque jour. il n'y a pas de nuit sans lumière ! (mais où est-elle ?) pas de cicatrice sans blessure ! j'ai perdu la guerre contre hier, et demain ressemble à une chambre obscure. obscure... obscure... j'ai des tempêtes sous le crâne, des rafales dans la poitrine, des souvenirs qui s'enchaînent, se déchaînent, me laminent, chaque syllabe de ton nom résonne encore dans mes tempes, comme un glas qui se répète quand la nuit devient trop lente. j'ai fait la paix avec personne, j'ai fait la guerre à mon reflet, chaque miroir me renvoie tout ce que j'aurais voulu oublier, j'ai des ruines dans les veines, des regrets dans les artères, et le goût métallique des défaites au fond de mes lèvres. on m'avait promis le temps comme médecin de mes blessures, mais le temps n'est qu'un bourreau qui perfectionne les fissures, alors j'écris mes ténèbres avec de l'encre radioactive, chaque phrase est une grenade dans ma mémoire maladive. tu l'entends ? tu l'entends ? [voix principale] ouais... j'entends. la fin est proche... proche... cette mélodie me parle quand toute la ville dort, elle connaît mes silences, elle connaît mes remords. la fin est proche... mais écoute encore... je sais pas ce qui m'attend derrière cette porte, alors je reste dans le noir pendant que le silence me porte. j'ai rien gagné dans cette guerre, j'ai récolté des débris, des fragments de mon passé qui s'accrochent à ma vie, j'ai payé chaque éclair de bonheur au prix fort, maintenant même mes souvenirs ressemblent à des rapports de mort. j'ai le cœur sous les gravats, les poumons pleins de poussière, chaque matin recommence comme une punition ordinaire, je ne cherche plus de victoire, j'ai dépassé ce combat, quand t'as perdu l'essentiel, même gagner ne compte pas. alors frappe, batterie, fais trembler les murs de ma chambre, que les basses couvrent les voix qui rôdent dans mes cendres, j'ai transformé ma douleur en paroles incendiaires, puisque je n'ai pas trouvé la paix, j'en ai fait un cimetière. un cimetière... mais j'suis encore là pour raconter la guerre. il n'y a pas de paix sans guerre ! (sans guerre !) pas de douleur sans amour ! (sans amour !) j'ai pris des coups sous les éclairs, j'en porte encore les traces chaque jour ! il n'y a pas de nuit sans lumière ! (où est-elle ?) pas de cicatrice sans blessure ! j'ai perdu la guerre contre hier, et demain me regarde à travers les fissures ! les fissures ! les fissures ! la fin est proche ! mais écoute encore ! j'entends encore cette mélodie... elle chuchote à mon oreille. (hmmm...) la fin est proche... mais dans le silence... une autre voix répond. encore...

