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Rien n'est à toi

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V6

[Couplet 1] On prend ce décor pour du solide, mais tout n'est que fumée. L'illusion t'attrape au piège, le temps passe sans t'épargner. Tu cours après le vent, le sablier s'épuise en silence, Le bolide au garage finira rouillé par l'absence. Chaque lever de soleil rogne une part de ton bail, Le corps n'est qu'un manteau d'emprunt au milieu du champ de bataille. On serre les poings sur des broutilles qui nous fileront entre les doigts, Quand viendra l'heure du grand départ, personne ne descendra avec toi. Les serments jurés sur papier fanent plus vite que les saisons, Ceux qui dormaient sous ton toit reconstruisent une autre maison. La gloire n'est qu'un coup de vent, ne bâtis rien sur ses murmures, Le public t'enterre vivant dès que tu rates une mesure. Tout ce qu'on t'accorde, tu le rendras jusqu'au dernier souffle, Le fric n'a aucune loyauté, demande à ceux que la rue étouffe. Seul face au néant, quand les masques tombent enfin, Il ne reste que la prière et le genou posé sur le chemin. [Refrain] Rien n'est à toi, tu t'accroches au vent, L'or, le sang, le cercle des vivants. Un coup d'arrêt fige le mouvement, Toutes tes certitudes partent au tournant. Rien n'est à toi. [Couplet 2] Vouloir tout posséder, c'est finir les poches trouées. On sait que l'issue est la même, mais l'esprit refuse d'avouer. Si l'existence est une cage, la paix n'est qu'un parloir étroit, Certains ont vendu leur âme pour briller deux secondes d'effroi. Accumuler les richesses, c'est s'alourdir sous l'averse, Tu te noies sous tes trésors dès que le courant s'inverse. La ferveur d'hier s'éteint dans les bras d'un inconnu, Ce qui semblait indestructible s'efface comme si t'étais jamais venu. On prétend posséder la terre alors qu'on n'est que de passage, Un locataire éphémère qui disparaît du paysage. La chair elle-même est un prêt, inutile de trop la parer, On planifie ses vieux jours sans savoir quand l'histoire va s'arrêter. Tu jurais fidélité à l'ami d'enfance, au frère d'armes, Mais au premier coup de pression, c'est lui qui t'enfonce la lame. [Pont] Tout s'effondre : les bâtisses, les blindages et l'honneur feint. Dans la terre froide et noire, tout le monde finit pareil à la fin. Peu importe ton rang, ta posture ou ton train de vie, L'obscurité se referme, et personne ne te suit. [Outro] On te laisse seul, sans les complices, sans la bande, seul. On te laisse seul, sans le confort, sans la demande, seul. On te laisse seul, sans les liasses, sans les affaires, seul. Rien n'est à toi. Ni la pierre, ni les alliances, ni les tiens. Tu repars les mains vides. Rien n'est à toi.